Elle ouvrit quelques tiroirs, il y avait à l'intérieur des vieilles photos de son père, c'était donc là qu'elles étaient passées ? Elle se souvenait encore du jour où sa mère avait tout enlevé, Alicia avait pu sauver un seul petit cadre. La demoiselle poussa une chaise pour regarder le paysage à travers la vitre, ça ne valait pas la vue du port... non, pas la vue du port. !
Elle soupira longuement, se posa sur le bord du vieux lit et regarda le plafond comme elle avait l'habitude de le faire, seule une ampoule accrochée par un fil électrique se baladait de gauche à droite. Le bras de la demoiselle était marqué par la violence avec laquelle l'homme l'avait amenée ici.
Quelques heures passèrent et la jeune femme put enfin voir le visage de sa mère. Celle-ci lui déposa un plateau- repas sur une commode, mais ne lui lança aucun regard, même pas un son, rien. A cet instant, Alicia sentit combien elle était incomprise ! C'était sa mère après tout, elle ne devait pas écouter un inconnu, surtout un inconnu comme Peterson.
Alicia ne le connaissait pas vraiment, cet homme ne parlait jamais de son passé, d'ailleurs peu de personnes pouvaient parler de lui. Il était arrivé dans ce petit village sans histoire, sans passé. La demoiselle trouvait cela un peu louche, mais que pouvait-elle faire ? Rien, elle ne faisait pas le poids face à sa mère. La porte se referma, ils la tenaient prisonnière...
Il lui était impossible de penser qu'ils allaient la laisser là, dans cette petite pièce poussiéreuse. Elle qui était de nature à aimer le grand air, n'allait certainement pas rester enfermée sans lutter. Elle ne toucha même pas à son repas et posant une chaise contre le mur, elle ouvrit la lucarne.
Certes, l'ouverture était plutôt étroite, mais Alicia n'était pas très grosse. Elle se hissa comme elle put et se retrouva sur le toit, sa robe déchirée par une petite vis qui traînait. Le regard fixé vers le sol sa tête se mit à tourner. C'était tout de même très haut, mais elle ne pouvait pas laisser faire ça, c'était une injustice. Elle savait très bien que Monsieur Peterson était plutôt du genre manipulateur et qu'il savait convaincre sa mère. Au début elle avait bien essayé de l'aimer, mais la place qu'il prenait n'était pas la sienne, mais celui du père d'Alicia. Elle aimait à croire qu'un jour elle le retrouverait ... vivant.